Adopte la Déclaration de valeur universelle exceptionnelle suivante :
Brève synthèse
Situé sur une avancée de terre sur le fleuve Uruguay, à l’ouest de la ville de Fray Bentos, le complexe industriel se signale par l’énorme entrepôt frigorifique et la haute cheminée en briques de la chaufferie, qui se détachent d’une variété de toits en dents de scie. Illustrant toute la chaîne de la viande – approvisionnement, transformation, emballage et expédition –, le site comprend des bâtiments et des équipements de La Liebig Extract of Meat Company, qui exporta du concentré de viande et du corned-beef sur le marché européen à partir de 1865, et de la Anglo Meat Packing Plant, qui exporta de la viande surgelée à partir de 1924. Ici, la recherche et la technologie allemandes se sont associées à l’initiative anglaise afin de fournir en nourriture le marché mondial, y compris les armées ayant pris part aux deux guerres mondiales qu’a connues le XXe siècle. Les logements du personnel et les institutions sociales qui accueillaient et aidaient la communauté cosmopolite des ouvriers sont toujours utilisés aujourd’hui.
Critère (ii) : Le paysage industriel de Fray Bentos témoigne de l’échange de valeurs humaines entre la société européenne et la population sud-américaine au XIXe et au XXe siècle, à l’origine de changements sociaux, culturels et économiques sur les deux continents à cette époque. Ceci est dû à l’échange autour des progrès technologiques, qui favorisèrent la production et l’exportation à l’échelle mondiale de viande en conserve et surgelée, et à la population de travailleurs immigrés en provenance de plus de 55 pays différents.
Critère (iv) : L'ensemble des pâturages et des zones réservées au bétail, les bâtiments industriels, les infrastructures mécaniques, les installations portuaires, le tissu résidentiel et les espaces verts reliant le fleuve et les zones agricoles à la ville du paysage industriel de Fray Bentos illustrent un exemple éminent de développement industriel du début du XXe siècle.
Intégrité
Le bien réunit tous les éléments relatifs à l’histoire du site et à sa période de fonctionnement ; il est d’une taille appropriée pour garantir la représentation complète des caractéristiques et des processus significatifs de son importance. Le cadre paysager est de dimensions appropriées et les vues depuis le fleuve et la ville ont été préservées. Certains bâtiments nécessitent des interventions de réparation et de conservation, mais globalement le site ne souffre pas de négligence.
Authenticité
Le bien est authentique en termes de situation et de cadre, de matériaux et de substance et d’usage/fonction en ce qui concerne les bâtiments faisant partie du musée de la Révolution industrielle. Les archives renferment des documents historiques dans lesquels des informations techniques étayent les travaux de réparation et de restauration. D’autres bâtiments ont été adaptés à de nouveaux usages et les logements ouvriers ont été améliorés pour offrir un confort plus moderne aux familles qui y vivent aujourd’hui, dont beaucoup entretiennent un lien avec le bien à travers leurs membres qui y ont travaillé. L’authenticité du bien est vulnérable aux projets de nouveaux développements prévus sur celui-ci, notamment de nouveaux usages pour les bâtiments et sites ainsi que de nouvelles constructions.
Eléments requis en matière de protection et de gestion
Le bien est protégé en tant que site historique national en vertu de la loi sur le patrimoine no 14.040 d’août 1971, telle que modifiée en 2008, et du décret réglementaire 536/72. Les biens appartenant aux agences gouvernementales et à des entreprises privées sont protégés au titre de la loi no 17.473 du 9 mai 2002. Ces lois sont administrées par la Commission du patrimoine culturel national.
Le bien est administré à l’échelon du site par le comité de gestion Anglo depuis 2008, avec la contribution des représentants du ministère de la Culture et de l’Éducation, du ministère du Logement, de l’Urbanisme et de l’Environnement ainsi que de la municipalité de Río Negro. Cette instance est responsable de la mise en œuvre du plan de gestion du bien 2012-2015, lequel a été approuvé par la Commission du Patrimoine culturel national en janvier 2014.